Choisir son assurance-vie : les pièges à éviter

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Un sablier et des pièces en euros
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L’assurance-vie, c’est le produit d’épargne sur lequel il y a le plus d'argent en France. Mais le « couteau suisse de l’épargne » reste un produit complexe, la faute à des contrats comprenant des conditions multiples et variées. Voici une série de conseils, d’astuces et de pièges à éviter pour bien choisir et gérer votre assurance-vie. Synthèse de nos articles sur le sujet.

Fiscalité : peu importe la durée de détention

Selon une idée répandue, il faudrait nécessairement viser les 8 ans de détention, avant tout retrait, pour son contrat d’assurance-vie. Il s’agit en effet du cap de maturité fiscale, à partir duquel les retraits n’engendrent qu’une très faible imposition sur les plus-values réalisées (1). Mais si, par le passé, la fiscalité de l’assurance-vie apparaissait défavorable aux épargnants lors des premières années de détention, en comparaison à d’autres placements, cette idée n’a plus lieu d’être. Depuis la réforme de la fiscalité de l’épargne, en vigueur depuis 2013, les plus-values de l’assurance-vie ne sont pas plus lourdement imposées que les intérêts des livrets bancaires, quelle que soit la durée de détention.

Pourquoi « l'assurance-vie bloquée 8 ans » est un cliché !

L’assurance-vie peut ainsi être envisagée pour un placement à court terme. Ce qui n'empêche pas de se ménager une option à moyen ou long terme en « prenant date » afin de disposer d’un contrat optimisé fiscalement 8 ans plus tard, et ainsi se prémunir d’un futur « casse-tête fiscal ».

Contrat individuel ou collectif ?

A l’heure de choisir son contrat d’assurance-vie, certains éléments passent généralement au second plan. La question du contrat individuel ou collectif en fait probablement partie. Avec le contrat individuel, le client particulier souscrit directement l’assurance-vie auprès de l’assureur. Avec le contrat collectif, ou contrat de groupe, c’est le distributeur (courtier, association, etc.) qui souscrit et l’épargnant qui adhère au contrat. Qu’est-ce que cela change pour l’ épargnant ? La logique voudrait que, dans le cadre d’un contrat de groupe, le distributeur ait négocié au mieux les conditions du contrat. Mais le contrat collectif permet aussi à ce même distributeur de modifier les conditions par la suite sans que l’épargnant puisse s'y opposer : une possibilité qui reste toutefois très théorique.

Pour plus de détails : Quelles différences entre contrats individuels et collectifs ?

Fonds en euros : des rendements du simple au double

A une autre époque, les distributeurs d’assurance-vie mettaient en avant les taux minimum garantis de leur fonds en euros, assurant les particuliers d’un niveau de rémunération élevé sur le long terme. Une période totalement révolue : les taux minimum garantis sont de plus en plus bas et les assureurs ne prennent souvent même plus la peine de les communiquer.

Pour attirer, les assureurs mettent aujourd’hui l’accent sur les rémunérations de l’année passée de leurs fonds en euros. Une information fiable pour guider sa sélection de contrat ? Certes, les performances passées ne préjugent pas du futur. On constate toutefois une inertie dans les niveaux de rémunération d’une année sur l’autre. Comparer les rendements des deux à trois dernières années permet ainsi de jauger le niveau de rémunération et son évolution récente. Un contrat dont le principal fonds en euros sert du 3,40% en 2014 restera plus rémunérateur qu’un autre avec un taux de 1,80%, sauf énorme surprise. Pour connaître les taux 2015 définitifs, il faudra par contre attendre l’année prochaine, en janvier ou février !

Pour plus de détails : Les performances 2014 des fonds en euros en un coup d'œil et Jusqu'à 1,5 point d'écart selon le type de distributeur

Frais : de 0% à 5% sur les versements

L’argent versé sur un contrat d’assurance-vie peut être amputé jusqu’à 5%, au titre des frais d’entrée, aussi appelés frais sur versement. Si de moins en moins de distributeurs les font grimper à ce maximum, certains contrats, notamment les assurances-vie commercialisées dans les réseaux bancaires, s’en approchent. Or, à l’autre extrême, les courtiers web ont fait de cette absence de frais de versement leur principal argument commercial.

Cependant, le choix de l’assurance-vie ne doit pas être uniquement guidé par le niveau de ces frais. Certains contrats patrimoniaux affichent un niveau de frais d’entrée modéré, autour de 2% par exemple, et peuvent s’avérer plus rentables sur le long terme qu’un contrat à 0%, mais à la rémunération moins avantageuse. Reste à intégrer un principe : ces frais amputant le capital dès l’entrée, ils se révèlent très pénalisants si l’argent reste peu de temps sur le contrat, puis leur effet s’amoindrit au fil des ans. Bref, pour optimiser un contrat rémunérateur facturant les versements, il faut l’utiliser sur le long terme et placer un maximum d’argent dès l’ouverture.

Plus de détails : Comment les frais de versement rognent la rentabilité

Choisir son contrat en fonction de l’assureur ?

Plusieurs centaines de contrats d’assurance-vie sont actuellement commercialisés sur le marché français. Pour quelques dizaines d’assureurs seulement. Même phénomène pour les contrats internet : une quarantaine de distributeurs pour les six principaux assureurs qui se partagent le marché de l’assurance-vie en ligne. Or si chaque distributeur met en avant les spécificités de son offre (plus d’unités de compte, de moindres frais, un mode de gestion particulier, etc.), pour un même assureur, les grandes lignes du contrat sont identiques. A commencer par le (ou les) fonds en euros disponible(s). A l’heure de choisir un contrat, il sera plus efficace de se concentrer sur le choix de l’assureur, avant de se pencher sur la question du distributeur.

Plus de détails : Comment choisir son contrat d’assurance-vie en 2015 ?

Gestion libre ou pilotée ?

Sur les contrats d’assurance-vie multisupports, les épargnants disposent d’un côté du fonds en euros, avec une garantie en capital, et de l’autre côté de supports en unités de compte (UC), plus risqués. A l’heure où les épargnants se tournent de plus en plus vers ces fonds sans garantie en capital, faut-il opter pour la gestion pilotée, aussi appelée gestion sous mandat ? Cette dernière permet de déléguer les arbitrages à réaliser sur la poche risquée de son contrat à une société de gestion. En contrepartie, il faut toutefois payer des frais supplémentaires.

Plus de détails : Le recours à la gestion pilotée est-il vraiment intéressant ?

Pour éviter ces frais, il reste la gestion libre. Celle-ci demande toutefois une certaine expertise, ou a minima de diversifier son allocation d’actifs en ne plaçant pas toutes ses billes sur une même famille d’UC.

Plus de détails : Comment choisir parmi des centaines d'unités de compte ?

Clôturer son contrat avec précaution

Vous voulez fermer votre assurance-vie ? Outre le délai à prévoir, qui se compte en jours ou en semaines selon les cas, mieux vaut éviter de clôturer à n’importe quel moment de l’année. Car dans la plupart des cas, l’année de clôture est rémunérée au taux minimum garanti, souvent très inférieur au taux de rémunération annuel définitif, connu bien plus tard. Mieux vaut donc attendre le début d’année suivante, après le versement des intérêts. En cas de besoin d’argent urgent, il est conseillé d’effectuer le rachat partiel maximum, pour ne clôturer le contrat que quelques mois plus tard.

Plus de détails : Comment éviter de perdre des intérêts à la clôture ?

Emprunter son propre argent

L’assurance-vie n’est pas présentée comme le « couteau suisse de l’épargne » pour rien. Parmi les outils méconnus qu’offre un contrat d’assurance-vie figure l’avance. Cette dernière permet de demander à son assureur une partie de l’argent présent sur le contrat, sans effectuer un rachat partiel et donc sans payer de cotisations fiscales et sociales. L’assureur « prête » ainsi jusqu’à 80% du montant présent sur le fonds en euros, pendant quelques années. A quel taux ? Tout dépend des conditions fixées par l’assureur mais le taux est généralement d’un point supérieur à la rémunération du fonds en euros. Le contrat d’assurance-vie restant, le temps de l’avance, rémunéré normalement, l’avance équivaut à un crédit à 1%.

Plus de détails : Comment obtenir un prêt à bas coût avec son épargne ?

(1) Les prélèvements sociaux, actuellement à 15,5%, et un prélèvement forfaitaire de 7,5% ou l'intégration au barème de l’impôt sur le revenu, après abattement de 4.600 euros (9.200 euros pour un couple).

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© cbanque.com / BL-FV / Août 2015