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L'actualité économique
Paris, 4 juillet 2008 - vendredi 4 juillet 2008 à 19h50
Jean-Claude Trichet avait déjà annoncé la couleur, il y a un mois, en évoquant un possible tour de vis pour juguler l’inflation. L'augmentation des prix à la consommation (4% sur un an en juin) a accéléré les choses.
Hier, le conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne a décidé à l’unanimité de rehausser son principal taux directeur (le taux de refinancement minimum) à 4,25% soit un quart de point en plus.
Depuis la naissance de l'euro le 1er janvier 1999, la BCE a modifié ses taux 24 fois (seize hausses et huit baisses). Sa dernière hausse date de juin 2007, juste avant la crise américaine des Subprime.
Ce taux est le principal outil dont dispose la BCE pour dompter l’inflation dans la zone euro. Il est utilisé lors des opérations hebdomadaires de refinancement par la BCE pour alimenter les banques en liquidités. Il est un peu le baromètre du coût du crédit dans les quinze pays qui ont adopté la monnaie unique européenne. « Après la décision d'aujourd'hui, notre politique monétaire va contribuer (...) à atteindre notre objectif de stabilité des prix. Nous allons continuer à surveiller de très près tous les développements à venir » a déclaré Jean-Claude Trichet.
En remontant ses taux, la BCE entend garder les prix stables à moyen terme, à savoir légèrement en dessous de 2% de hausse. « La hausse de taux souligne la détermination de la banque à faire baisser l'inflation, même en présence de preuves évidentes d'une croissance qui ralentit », a commenté Jennifer McKeown, analyste chez Capital Economics.
Pour Christine Lagarde, ministre française de l'Economie, la hausse des taux européens « aurait surtout un impact » sur la compétitivité des entreprises françaises, qui souffrent de l'euro fort, si le taux directeur américain se maintenait à son niveau actuel. *
En Allemagne, les fédérations patronales de l'industrie et des banques et le ministre de l'Economie ont approuvé la décision de la banque. D'autres banques centrales ont suivi la BCE comme la Banque de Suède qui a relevé d'un quart de point de pourcentage, son taux directeur pour le porter à 4,50%. La Russie et le Brésil avait remonté le leur en juin.
Pour la Confédération européenne des Syndicats, « resserrer la politique monétaire à un moment où l'économie va déjà être confrontée à un grave ralentissement au cours des trimestres à venir, ainsi qu'à des turbulences financières, revient à renforcer les facteurs de récession ».
Les deux taux de la BCE qui encadrent le taux de refinancement ou "refi" ont eux aussi été relevés d'un quart de point à 3,25% pour le plancher et 5,25% pour le plafond, a aussi annoncé une porte-parole de la BCE.
Mots-clés : Banques centrales, Inflation, Taux
© cbanque.com / source AFP