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Vente de l'hippodrome de Compiègne : la version de Woerth contestée

cBanque avec AFP - Mercredi 5 janvier 2011 à 18h09

Mots-clés : Eric Woerth.

Eric Woerth
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L'ancien ministre Eric Woerth a assuré mercredi que Matignon avait tranché en mars 2010 sur la cession par l'Etat de l'hippodrome de Compiègne (Oise), une version contestée par des plaignants et pas totalement confirmée par les services du Premier ministre.

Dans une interview au Figaro, l'ancien ministre du Budget et du Travail affirme que « c'est Matignon qui a tranché en mars 2010 lors d'une réunion informelle » en faveur de cette vente et que « le cabinet du Premier ministre a arbitré dans le sens de France Domaine », organisme chargé de la vente des biens de l'Etat.

Matignon a confirmé l'existence de cette réunion mais a assuré qu'à cette occasion, « les deux ministères de l'Agriculture (chargé des forêts) et du Budget (administration des domaines) sont tombés d'accord sur la procédure de vente ». « Il y a eu une réunion informelle à Matignon, au niveau des conseillers, à la demande du ministère de l'Agriculture », a déclaré l'entourage du Premier ministre. Selon une source gouvernementale, s'il y avait eu demande d'arbitrage par Matignon, une réunion interministérielle aurait été organisée avec un relevé de décisions à la clé, « ce qui n'a pas été le cas ».

un version « curieuse » selon les plaignants

De son côté, l'avocat de plaignants dans cette affaire a jugé « curieux » les arguments présentés par l'ancien ministre, en particulier le calendrier de la vente. « Il est curieux que M. Woerth puisse dire que Matignon aurait tranché la question de la vente de l'hippodrome de Compiègne lors d'une réunion datée du 12 mars 2010 (..) alors que M. Woerth donnait l'accord de l'Etat sur le principe de cette vente dès le 29 octobre 2009 », a déclaré Me Grégory Saint Michel. 

L'accord de l'Etat donné à la Société des courses de Compiègne « juridiquement vaut vente », estime Me Saint Michel, avocat de députés PS qui ont porté plainte contre X dans cette vente et ont également réclamé la saisine de la Cour de justice de la République (CJR). « Il est surprenant que M. Woerth cite France Domaine dont il est l'autorité de tutelle pour justifier son accord à la cession du 29 octobre 2009 alors que la note de France Domaine sur ce sujet est datée du 24 décembre 2009 », ajoute l'avocat.

La CJR pourrait se prononcer le 13 janvier sur l'ouverture ou non d'une enquête concernant l'ancien ministre du Budget et du Travail dans cette affaire. Parallèlement le parquet de Compiègne a ouvert fin décembre une information judiciaire contre X à la suite de la plainte de députés PS et a demandé le dépaysement du dossier. Cette information judiciaire concerne le volet non ministériel de l'affaire.

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