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Paris, 22 juin 2010 (mis à jour) - mardi 22 juin 2010 à 15h35
Mots-clés : Banque Postale, Épargne, Justice / Juge, UFC-Que choisir
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Le contrat en question, commercialisé sous le nom « Resolys Obsèques Financement », est un contrat de prévoyance dit « en capital », qui permet au souscripteur d’épargner de quoi financer ses obsèques. A son décès, un bénéficiaire désigné se voit remettre la somme.
Problème pointé par l’UFC-Que Choisir : aucune clause du contrat ne contraint ce bénéficiaire à utiliser le capital reçu à cet effet. Il peut en disposer à sa guise, et laisser éventuellement la charge des obsèques à d’autres. Second problème : cette information est, selon l’UFC-Que Choisir, absente du contrat : « Non seulement l’information n’est pas révélée, mais en plus, tout est fait pour entretenir l’ambiguïté sur les documents de présentation du contrat. » De quoi convaincre l’association d’engager une action judiciaire, devant le Tribunal d’instance de Paris, pour « pratiques commerciales frauduleuses ».
L’objectif de cette plainte est aussi de donner un coup de projecteur sur cette pratique, qui ne concerne pas, selon le communiqué, uniquement la Banque Postale : « [Elle] se retrouve dans un grand nombre de contrats obsèques commercialisés par les banques et les compagnies d’assurance. »
Dans le même temps, ce type de produit connaît un succès croissant. Selon les chiffres fournis par l’UFC-Que Choisir, environ 500.000 nouveaux contrats d’assurances obsèques ont été distribués en 2009, un chiffre en hausse de 17%. Sur dix contrats distribués, sept étaient des contrats en capital.
Contactée, la Banque Postale ne conteste pas l'existence dans son contrat d'une clause dite libre, qui n'oblige pas le bénéficiaire à affecter les sommes reçues à la couverture des frais funéraires. Mais elle affirme que cette clause est légalement obligatoire, en vertu d'un arrêt pris le 17 mars 2010 par la cour de cassation : « Celui-ci estimait que ce type de clause n'obligeait pas le bénéficiaire à affecter les sommes à la couverture des frais funéraires. »
La filiale de la Poste a néanmoins annoncé qu'elle allait prochainement introduire, dans son contrat, un « consentement renforcé » consistant « à écrire de façon explicite que le souscripteur a bien compris que le bénéficiaire aura le libre choix de l'utilisation des sommes au bénéfice du contrat ». Elle s'engage également à « informer par écrit les clients ayant choisi cette clause pour attirer leur attention sur l'évolution jurisprudentielle du 17 mars 2010 (...) ». Enfin, elle affirme réfléchir à la possibilité de « supprimer le mot obsèques dans la dénomination de ce contrat Résolys Obsèques Financement ».
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© cbanque.com / Vincent Mignot / Juin 2010