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France : les populations pauvres ont de plus en plus accès aux services bancaires

PARIS, 29 avr 2010 (mis à jour) - jeudi 29 avril 2010 à 14h30

Mots-clés : Banques, Christine Lagarde, Social

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françoiskarm/Flickr

L'accès aux services bancaires des ménages vivant au-dessous du seuil de pauvreté s'est sensiblement amélioré depuis 2001, selon une étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), publiée jeudi par le ministère de l'Economie.

L'étude révèle que, de 2001 à 2009, la proportion de bénéficiaires de minima sociaux titulaires d'un compte bancaire de dépôt est passée de 92% à 96%. Sur les 4% restants, les trois quarts possèdent un Livret A, qu'ils utilisent « probablement » comme compte de dépôt. A l'échelle de la population toute entière, plus de 99% des Français sont équipés d'un compte courant.

Plus significatif, les ménages bénéficiaires de minima sociaux disposant d'une autorisation de découvert ont fortement progressé, de 43% à 72%, sur la même période. La proportion de ces ménages titulaires d'une carte de crédit a plus que doublé et atteignait 80% fin 2009 contre 39% seulement en 2001.

Disparités pour l'épargne et les crédits

Si l'accès des populations pauvres aux services bancaires a donc progressé ces dernières années, des disparités existent encore avec la population générale. Les couples bénéficiant des minima sociaux sont ainsi moins nombreux à posséder des comptes joints (56%, contre 80 % pour l'ensemble des Français). Ils sont également moins équipés en comptes d'épargne, surtout à moyen et long-terme (70% n'en possèdent aucun, contre 42 % pour l'ensemble de la population), et ces comptes sont moins bien pourvus : 51% des bénéficiaires des minima sociaux y disposent de moins de 500 euros, chiffre qui tombe à 11% pour l'ensemble de la population.

Même constat pour les crédits. Seulement un quart (24%) des bénéficiaires des minima sociaux ont un crédit en cours, contre 51% de la population générale. La différence est surtout marquée pour les prêts immobiliers (5% contre 29%), alors qu'elle est réduite pour les crédits revolving (8% contre 10%). Parmi les ménages ayant au moins un crédit conso, 47% des bénéficiaires des minima sociaux ont un crédit revolving, contre 28 % de la population générale. Le montant de ce crédit est en général plus élevé chez les populations pauvres que chez l'ensemble des Français concernés.

L'étude a été réalisée par le Crédoc pour le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), à la demande de la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Elle porte sur un échantillon de 2.597 ménages, dont 1.792 « en situation de précarité financière ».

© cbanque.com / VM / Sources AFP et Credoc