L'actualité économique
Paris, 27 novembre 2009 - vendredi 27 novembre 2009 à 14h58

A l'origine de la plainte, une campagne publicitaire pour un crédit renouvelable (ou revolving), diffusée par Disponis en décembre 2008, sur son site et par courriel. La société y mettait en avant une offre promotionnelle, affichant notamment ce slogan : « 0% TEG fixe + 0 euro pendant deux mois », alors qu'il ressortait des mentions précisant l'offre, et figurant en petits caractères, un taux réel de 19,93 %.
Alertées par des consommateurs, la CLCV avait décidé de déposer plainte, estimant que cette publicité ne respectait pas la réglementation, en l'occurrence l'article L 311-4 du code de la consommation qui régit les obligations des établissements de crédit en la matière.
Dans la foulée, Disponis avait retiré la publicité de son site internet.
Le 5 novembre dernier, le tribunal d'instance du 7e arrondissement de Paris a donné raison à la CLCV. Dans son jugement, il a estimé qu'il existait une disproportion entre la taille des caractères des « élements accrocheurs » de ces publicités et celle des données informatives légales.
De plus, ces informations ne faisaient pas corps avec l'annonce commerciale, contraignant, sur le site, le consommateur à cliquer six fois avant d'obtenir les tarifs et le TEG de l'offre de prêt. Autant d'éléments qui ne respectent pas, selon le juge, les dispositions de l'article L 311-4 du code de la consommation.
Disponis a, en conséquence, été condamnée à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à la CLCV. Par contre, le tribunal n'a pas jugé bon de contraindre l'établissement de crédit à publier un communiqué judiciaire sur son site, l'accusation de publicité mensongère n'ayant pas été retenue
Du côté de la CLCV, on se félicite évidemment de cette décision. « C'est un bon signal envoyé aux pouvoirs publics, au moment où le Parlement discute d'une loi encadrant plus strictement les pratiques des établissements de crédit » a estimé Sandrine Perrois, juriste de l'association.
Contactée, la Société Générale, propriétaire de Disponis, n'a, quant à elle, pas souhaité réagir, ni sur la décision, ni sur un éventuel appel.
Mots-clés : Clcv, Crédit / emprunt, Justice / Juge, Société Générale
© cbanque.com / VM / Novembre 2009